Venezia (2006 - 2008)

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Au cœur de la nuit froide, je me faufile dans les ruelles désertes. Une musique céleste accompagne l’errance. J’écoute le silence abstrait sans dimensions. Corps et âme vibrent au rythme d’une jubilation onirique. Des esprits ancestraux emplissent l’atmosphère glauque. Le réel vacille. Son image s’amuse sur la surface de l’eau, rit du noir profond qui l’engloutit sans cesse. La distance entre ponts, murs et moi s’efface. Terre et ciel s’unissent à travers l’eau. Je me confonds avec le monde matériel dans un lieu mental obscur. Mon voyage part dans l’inconscient. Tout devient illusion, vérité masquée d’une réalité trop crue. Où suis-je ? Il me semble marcher dans une peinture de format  irréelle. Venise, je songe, est la mère de toutes les peintures. Son passé accouche toujours de l’avenir. Durant deux ans de vie dans cette ville, mon propre temps est suspendu. Envoûté, je continue ma promenade nocturne. « Heureux qui vit dans une époque ennuyeuse » dit un proverbe chinois.